Nous commençons la journée en zonant dans Mequinenza à la recherche d'un petit déjeuner. Il y a déjà beaucoup de monde dans les bars, nous en trouvons un qui a l'air de servir des "desayunos". En tout cas, c'est ce que vante une pancarte pour une marque de jus d'orange sur la devanture. Nous entrons. La serveuse nous apporte la carte... des pizzas, sandwiches et tapas. Bar food, quoi. Instant d'hésitation. J'ai pourtant bien demandé des "desayunos" et elle semblait avoir compris. Peut-être déjeune-t-on de tapas, le matin, ici ? Ou de pizzas ?? Du coup, quand la serveuse repasse, je lui précise notre commande : jus d'orange, thé, café et tostadas con mentaquilla (= tartines grillées avec du beurre, c'est ce qu'on nous servait à Alquézar). C'est bien bon, ça en cale un coin ! Mais en observant les autres attablés, nous constatons qu'ils mangent des sandwiches au jambon...
Nous revenons à l'hôtel par les rives du Río
Cinca où les pêcheurs sont déjà à pied d'œuvre. Une fois la voiture récupérée, nous voilà repartis vers le sud. Nous franchissons l'Ebre puis grimpons dans la montagne à la suite d'un groupe de motards. La route doit être idéale pour eux, tellement elle serpente à flanc de falaise ! Sur le plateau, nous retrouvons les oliviers et les amandiers qui remplacent les arbres fruitiers des berges du fleuve. Nous nous arrêtons pour observer les rapaces qui planent au-dessus de nous, notamment des aigles bottés. La route monte, descend, serpente... Nous traversons des villages et des villes où les habitants sont attablés en terrasse jusque dans la rue. Mais aucun endroit n'est aussi joli qu'Alquézar, sans doute aménagé pour sa beauté touristique.
Nous n'arrivons sur le plat qu'à Tortosa, la grande ville immédiatement en amont du delta de l'Ebre. Il y fait bien chaud. Encore quelques kilomètres et nous voilà dans le delta. La platitude de l'endroit nous change des montagnes des jours précédents. C'en est vite monotone et presque triste. Antoine a téléchargé une carte des observatoires ornithologiques du coin. Nous manquons le premier car le GPS de la voiture n'est pas assez précis pour les petites routes et les chemins qui se faufilent entre les rizières. Le deuxième est censé se trouver sur une longue flèche sableuse. Il y a un monde fou. La route est encombrée de voitures garées ou qui cherchent à le devenir et de piétons débarqués desdites voitures. Au bout de la route, il y a la plage. Et un bar. Il est près de 14h, les Espagnols commencent à partir ; nous trouvons un créneau assez prêt de la côte. Premières obs sitôt arrêtés : des Glaréoles à collier et des Echasses blanches cherchent leur pitance dans le champ voisin.

Mais ensuite, nous avons beau marcher dans le sable le long de la zone délimitée pour la nidification des oiseaux, aucun observatoire ne se montre. Il a dû disparaître dans la dernière tempête (?!? On est au bord de la Méditerranée, pas en mer d'Iroise...). Nous faisons demi-tour, moi les pieds dans l'eau, histoire de goûter la "grande bleue" espagnole.
Nous partons à la recherche d'un autre observatoire, tournons un peu en rond... Pour l'instant, le delta de l'Ebre tant vanté par les ornithologues est un peu décevant. Finalement, nous pique-niquons sur un muret ombragé à Ríumar. Là, un panneau indique plusieurs observatoires : ça tombe bien. Alors nous passons l'après-midi dans cette zone en arrière des dunes, marchant d'une cabane à la suivante. Les observations sont nombreuses : Gravelot à collier interrompu, nombreux canards, échassiers, etc. Antoine aperçoit un Crabier chevelu depuis le mirador-zigurat, une tour munie d'un escalier extérieur.
Il s'agit ensuite de trouver à loger pour la nuit. Contrairement aux jours précédents, nous n'avons rien pu réserver dans le coin sur Booking. Nous avons supposé que tous les hébergements n'y étaient pas répertoriés et que nous pourrions trouver par nous-mêmes sur place. C'est parti. Nous revenons sur l'Ebre (l'axe central du delta) à Deltebre, un assez gros bourg mais où le Routard ne donne l'adresse que d'une seule AJ, que nous ne trouvons pas. Nous franchissons le fleuve pour descendre à Poblenou, dans la partie sud du delta. Là, nous avons plusieurs adresses. À l'AJ, on nous répond que c'est complet et on nous envoie vers un autre établissement,lui aussi complet. Ce n'est pas la peine de perdre du temps à frapper à toutes les chambres d'hôtes du Routard, qui doivent être pleines elles aussi en ce soir de Vendredi Saint. Nous avons négligé le potentiel de remplissage des sites touristiques de la Semaine Sainte en Espagne... Nous tentons le camping, soit disant à Amposta, à l'entrée du delta, mais en réalité très loin du bourg, à Eucaliptus, l'embouchure de l'Ebre. Le camping est plein de monde et il affiche complet. Même chose pour l'hôtel voisin. Retour à Amposta bourg où le GPS nous a repéré un hôtel... qui n'existe plus. Nous en trouvons bien un nous-mêmes, mais il est... Bref, chou blanc. À force d'allers et retours, le temps passe. Nous devons rentrer encore plus dans les terres, il faut quitter le delta. Nous visons Tortosa où le GPS signale plusieurs hôtels. Avec un peu de chance... Nous nous garons près de l'ancienne voie ferrée, non loin de l'hôtel du Parc. Je pose la question fatidique : "¿
Se puede tener una habitación para la noche, por favor ?" Et oui, il reste une dernière chambre !! Hip hip hip !!! Elle a deux lits jumeaux, la fenêtre donne sur une courette à verrière fermée, on y entend l'ascenseur et l'écoulement des eaux, mais c'est suffisant.
Nous dînons ("sopar" ici en Catalogne) au restaurant du Parc, juste à côté de l'hôtel, de beignets de morue accompagnés de cerveza (élue boisson du voyage) et suivis de pâtisseries locales.