Jeudi 13 avril : dans la Sierra de Guara

Au petit déj', encore du jambon, mais sec cette fois. Ca se marie toujours assez bien avec le jus d'orange. Pour ce soir, nous avons réservé une chambre à Mequinenza, sur la route du delta de l'Ebre. Mais en prenant la route du sud, nous réfléchissons à ce qu'il y a à voir par là-bas et décidons finalement de passer une journée de plus dans les Pyrénées aragonaises. Demi-tour : nous remontons vers le nord direction Bierge et Rodellar, le cœur du parc de la Sierra de Guara d'après le Routard. Nous garons la voiture près d'un panneau touristique, un peu au hasard : c'est le départ d'une rando de 5 heures qui aboutit à Rodellar. Après, il faudra ajouter 4 km de descente par la route pour revenir à la voiture. C'est parti dans la garrigue, puis le maquis de plus en plus boisé. Le chemin est large, nous pique-niquons sur le bord. Plus loin, il se mue en sentier qui grimpe régulièrement jusqu'à la crête. Sur l'autre versant, les falaises sont vertigineuses. Propices aux tichodromes, aussi, mais non, aucun oiseau rouge et noir en vue. Antoine perçoit cependant un traquet rieur sur un rocher en contrebas : encore une belle observation !
Nous hésitons à revenir sur nos pas (nous avons encore pas mal de route avant d'arriver à Mequinenza ce soir), mais au point où nous en sommes, ça ne serait pas beaucoup plus court alors nous continuons par les crêtes avant de descendre par des lacets très raides et caillouteux jusqu'à Rodellar. Nous faisons le plein d'eau fraîche à la fontaine du village puis empruntons la route. Deux kilomètres plus loin, une pancarte indique à droite le bourg près duquel nous sommes garés. Chic, un raccourci ! Malheureusement, il se perd dans un pré à moutons. Alors nous estimons que, finalement, l'asphalte, ce n'est pas si mal. Encore deux kilomètres et nous revoilà à la voiture. 
Nous prenons la route du sud pour de bon, et ce n'est pas aussi plat que nous le craignions, que ce soit sur les côtés de l'autoroute jusqu'à Monzón ou sur le long du Río Cinca. Nous tentons la route de la rive droite, mais un gendarme nous arrête : cette route est fermée à cause d'une chute de pierres. Qu'à cela ne tienne, nous empruntons la rive gauche. De là, nous avons une  vue superbe sur les falaises ocres de l'autre côté : le plateau a été littéralement scié par la rivière. Sur les sommets, quelques ermitages, châteaux et tours. La plaine fluviale est couverte d'arbres fruitiers. Nous traversons des bourgs beaucoup moins "bonitos" qu'Alquézar avant d'arriver à Mequinenza, au confluent de l'Ebre et du Río Cinca. Notre hôtel est près du pont sur le Cinca, on y a une vue directe sur les étourneaux unicolores qui picorent sur le terrain de foot voisin. 
Avant d'aller dîner (nous avons trouvé un resto, mais il n'ouvre qu'à 21h), nous nous posons au bord de la rivière, entre les groupes de pêcheurs. Juste à côté de nous, ça s'agite : le pêcheur doit ferrer sec pendant un bon moment avant de sortir un poisson énorme, un silure ! Comme nous nous sommes approchés pour assister à la sortie de l'animal, le guide de pêche, qui est Français, nous explique que Mequinenza est un spot européen, voire mondial, pour la pêche au silure. Il est tout étonné de croiser des Français de passage ici pour autre chose que la pêche. 
Après cet événement, nous retournons au resto, qui est ouvert mais vide. Nous y dînons d'un assortiment de tapas (crevettes, calamars, encornets, etc.) arrosés de bière locale.

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