Mardi 18 avril : de Ripoll à la France

Nous prenons le petit déjeuner à l'hôtel, où le gérant est de retour. Ils nous propose un desayuno catalan, c'est à dire des saucisses sèches et du pain frotté d'huile d'olive et de tomate. Un délice ! Mais  à déguster en petite quantité car un peu écœurant.

Ripoll est connu pour son abbaye Santa Maria, chef-d'œuvre de l'art roman catalan. C'est par là que nous commençons la journée. Le centre d'interprétation nous présente l'histoire de cette abbaye, fondée en 880 par le comte de Barcelone Guifred le Velu. Au XIème siècle, elle abrita une bibliothèque réputée dans tout l'Occident chrétien. Après la sécularisation au XIXème siècle, le monastère de Ripoll est sauvé par la renaissance catalane qui en fait un lieu de mémoire régional. Nous contemplons un bon moment le portail, seul vestige de l'église médiévale. Il est tellement bourré de détails sculptés qu'il faut l'observer attentivement et le parcourir comme un grand livre. L'intérieur de l'abbatiale a été complètement refait au XIXème siècle. Réaménagé en nécropole, il abrite les tombeaux (ou au moins les pierres tombales) des comtes de Barcelone. Nous terminons la visite par le beau cloître (XIIème-XVIème siècles): comme celui d'Alquézar, il comporte un étage, particularité régionale. Des chapiteaux finement sculptés y surmontent des colonnettes doubles. Nous observons les vestiges archéologiques exposés et les différentes ouvertures bouchées dans les murs, essayant de reconstituer la chronologie du bâtiment. Il est déjà tard quand nous sortons de l'abbaye. 


Nous achetons du ravitaillement puis partons en direction de la frontière. Comme la route semble pleine de virages autour de La Molina, nous optons pour une route blanche (sur la carte) un peu plus au sud qui rejoint celle du grand tunnel de Cadí. Le calcul n'était peut-être pas si bon que ça car la route viroune beaucoup, sans doute autant que celle du nord. Tant pis.
Nous franchissons la frontière entre Puigcerdà et Bourg-Madame, puis encore après l'enclave de Llívia. Mais là, nous ne nous rendons compte de rien. À un moment, les pancartes prennent des allures françaises, c'est tout. Nos estomacs sont toujours à l'heure espagnole, mais il est malgré tout largement temps de déjeuner ; nous faisons donc halte. La température s'est bien rafraîchie, le petit vent nous contraint à ressortir les blousons. Alors que nous dévorons nos tartines aux sardines, un auto-stoppeur passe au bord de la route juste en-dessous de nous. Mais ni le camion stationné quelques mètres plus bas ni nous ne sommes prêts à reprendre la route. J'interpelle le gars et je lui souhaite bon voyage. Il répond qu'il ne parle pas français. Nous finissons de manger et nous repartons. Un peu plus loin, qui apercevons-nous ? L'auto-stoppeur de tout à l'heure ! Nous nous garons sur le bas-côté. Le gars va en Andorre, nous, nous ne ferons qu'effleurer la frontière, mais bon, ça peut toujours l'avancer un peu. Nous l'embarquons. En anglais, il nous explique qu'il est allemand, en vacances avec ses parents près de Montpellier, que la famille avait prévu de passer la journée en Andorre mais que la voiture vient de tomber en panne. Alors ils ont renoncé à bouger, sauf notre passager qui a insisté auprès de son père pour aller en Andorre par ses propres moyens. Il a presque réussi. Nous le laissons juste avant le tunnel de Puymorens ; il n'aura plus qu'à prendre le col et il aura atteint sa destination. 
Nous, nous continuons vers le nord. Ax-les-Thermes, Tarascon-sur-Ariège, Foix, Pamiers... Nous rejoignons l'A61 au sud de Toulouse. La fin du trajet se déroule sans incident et nous arrivons à Brie juste à temps pour  dîner puis à St-Loup juste à temps pour dormir.

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