Le voyage commence par le franchissement des Pyrénées. Nous avons l'habitude d'y descendre randonner ou skier, mais ces vallées nous font toujours l'effet d'une sorte de bout du monde. Quant aux crêtes frontalières, on y grimpe, mais on en redescend du côté français la plupart du temps. Et ce qu'on voit de l'Espagne depuis ces sommets n'est pas tellement différent de ce qu'on connaît de la France.
Nous entrons en Espagne par le tunnel de Bielsa. Comme avant-goût du pays, nous montons derrière un camion espagnol qui ne fait rien pour nous laisser doubler, et suivis (oh, pas longtemps) par des bolides espagnols qui n'ont pas du tout l'intention de se traîner à 30 km/h jusqu'au tunnel. De l'autre côté, l'arrivée en Espagne nous frappe d'étonnement, contre toute attente. Le paysage est immédiatement différent de celui du versant français : nous passons d'un vaste plateau glaciaire d'altitude à une vallée boisée encaissée. Puis l'environnement se fait de plus en plus méditerranéen, avec une alternance de falaises et de forêts de conifères : ce ne sont pas tout les Pyrénées que nous connaissons !
Nous filons vers le sud par de larges routes quasiment neuves (ils ont fait des progrès !). Deuxième surprise quand une bouffée d'odeurs méridionales nous sautent aux narines alors que nous faisons halte pour observer les rapaces, Milans royaux, Vautours fauves et Grands Corbeaux, qui cerclent au-dessus de nos têtes. Après Ainsa, nous empruntons une petite route qui viroune beaucoup, s'enfonce dans des gorges pour rejoindre le pont qui enjambe la rivière avant de serpenter le long du versant opposé puis de replonger à nouveau dans la montagne. Nous passons à côté d'un joli pont médiéval trop étroit pour la route et, deux carrefours plus loin, nous voilà à Alquézar.
Nous profitons de la soirée tiède pour errer à nouveau dans le village, tout aussi beau sous les lumières de la Colegiata Santa Maria la Mayor, le château devenu monastère qui domine les lieux.
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